Jeudi 19 novembre 2009



Je caresse ta joue de larmes de tendresse,
J'inonde tes yeux de pleurs de détresse ;
Je suis la perle de tes notes d'émotions,
Je deviens le torrent de tes vagues de déceptions...



Je puise le nectar de ta fontaine rosée,
J'expulse le miel de ton cratère excité ;
En gouttelettes, j'exprime tes sensations,
En brumes, je voile tes frustrations...



En ru, je sillonne ton voluptueux corps hâlé,
En ruisseau, je dévale monts et vallées ;
Je surfe, en fleuve, sur tes plaisirs,
Je navigue, en mer, au gré de tes désirs...



Au puits, je te désire douce océane,
De mon ressac, tu livreras tes arcanes ;
A quai, j'ancre, immobile, tes désespoirs,
Ma voilure ne se gonfle, pour toi, que d'espoirs...



Avec toi, en communion, je serai à fleur de ta peau,
Aujourd'hui, et demain, je serai toujours ton eau !

(11/2009) © Régis Batrel



Par abeilles50 - Publié dans : Amours - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mardi 17 novembre 2009



J'suis mal fichu, comme un if ébourriffé,
Sur ce tilleul, nos prénoms, j'ai gravé ;
Et j'me rends compte que le saule pleureur,
Pas aussi solide que l'chêne, est vert de torpeur !



Hêtre ou ne pas, y a qu'à s'noyer...
Frêne tes ardeurs : j'vais pas m'suicider !
J'suis pas comme l'peuplier plié,
Droit comme l'platane, et l'charme étalé...



J'n'ai pas du houx, les feuilles piquantes,
Mais ma sève coule de cette plaie béante ;
Pommiers et cerisiers sont rouges de colère,
T'avais qu'à pas déraciner la hâche de guerre !



Ton lierre m'a étouffé, trop ligoté,
Ton aubépine s'est amusé à trop me piquer ;
Si j'ai savouré ton abricot et tes muriers,
Tu m'as brisé les branches, je n'puis pardonner !



J'ai des noeuds au coeur du bouleau,
Mes essences voguent en mornes flots ;
J't'offre cependant mes lauriers et oliviers,
Ma parure s'est vermoulue, mais j'veux la Paix.

(11/2009) © Régis Batrel



Par abeilles50 - Publié dans : Spleens - Communauté : Ruche de beaux mots
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Dimanche 15 novembre 2009



Quand le Petit Chaperon Rouge alla voir la Petite Sirène,
Alice courait toujours derrière le Lapin, avec peine ;
Cendrillon s'était faite empoisonnée par la Sorcière,
Le Petit Poucet traçait son chemin de blanches pierres...



Le Corbeau venait de se faire piéger par le Renard,
Ratatouille, aux fourneaux, était célébré comme une star ;
Peter Pan et Clochette jouaient avec les Fées,
Les Sept Nains, de la forêt, rentraient dîner...



Aladin, sur son tapis, avait envoûté Jasmine,
Le Vilain Petit Canard faisait grise mine ;
Colombine avait mis mon ami Pierrot sur la lune,
Barbe Bleue espérait toujours faire fortune...



Face au Boeuf, la Grenouille faisait la maligne,
Peau d'Ane, belle et discrète, courbait l'échine ;
La Foumi, radine, se moquait de la Cigale,
De l'Agneau, le Loup comblait sa fringale...



La Tortue, par sa sagesse, humiliait le Lièvre,
Du Renard, la Cigogne se vengeait avec fièvre ;
Le Chat Botté riait de cent lieues à parcourir,
Tom Pouce et les Trolls étaient pliés de rire...



Le Roseau, contre vents, se courbait face au Chêne,
Le Vieux Lion, avant l'Ane, se laissait mourir sans haine ;
Le Petit Prince voulait encore voir des moutons,
Riquet à la houppe n'était plus un laid avorton...



Le Grand Méchant Loup dînait avec les porcelets,
La Puce ne cessait d'agacer l'Homme qui priait ;
Contes et fables se mêlaient, menaçaient ma raison,
Demain, j'raconte pas d'histoires : j'saurai pas ma récitation.

(11/2009) © Régis Batrel



Par abeilles50 - Publié dans : Délires - Communauté : Ruche de beaux mots
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Vendredi 13 novembre 2009



Ils glanaient de rayon en rayon,
Elle essaya petits hauts et pantalons ;
Il allait et venait, pour les tailles désirées,
Mais, trop exigeante, rien ne lui plaisait...



Il revint, malicieux, avec de la lingerie fine,
D'un coup, elle devint souriante, plus coquine ;
Son soutien-gorge, elle lui pria de dégrafer,
Et déjà, libérés, en ce lieu, ses tétons se dressaient...



Elle retira son string avec délicatesse,
Se retourna, pour tendre ses fesses ;
Le miroir renvoyait son Mont merveilleux,
Elle lisait une envie grandissante dans ses yeux...



Ce fantasme, ils en avaient déjà parlé,
A maintes reprises, ils n'avaient pas osé ;
Ils se disaient : " Au Diable les préjugés !
Il suffit d'être discrets, pour ne pas se faire piéger ! "



Elle déboutonna sa braguette trop serrée,
Saisit son émoi, se mit à le caresser ;
Le rideau orange les séparait du Monde,
Ils devaient se contenir, éviter trop d'ondes...



Elle fit volte-face, plaquée à son reflet,
Dirigea l'obélisque en sa fontaine rosée ;
Les allers-retours étaient savamment calculés
Pour que les parois ne puissent trop vibrer...



Lieu et risques les mettaient dans une telle excitation
Qu'après quelques minutes, ils calèrent leurs explosions ;
Elle retint ses cris devant tant de sensualité,
Il empêcha son râle face à sa croupe ainsi exposée...



Après un long échange de baisers langoureux,
Ils se rhabillèrent... encore plus amoureux ;
Ils ressortirent comme si rien ne s'était passé,
Pas de regards suspects, et aucun vêtement acheté.

(11/2009) © Régis Batrel



Par abeilles50 - Publié dans : Erotisme - Communauté : Ruche de beaux mots
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Mercredi 11 novembre 2009



Elle se ronge, se mine, de ses désillusions,
Tente de gommer son Amour-Passion ;
Quand elle taille son âme, rien ne s'efface,
Qu'elle coupe, qu'elle perfore, il reste des traces...



Ces post-it lui rappellent des mots tendres,
Elle essaie de broyer ce monde de cendres ;
De ses erreurs, elle ne prend aucun correcteur,
Mais souligne les défauts de son homme d'un surligneur...



Sur son tableau gris, la craie crisse de ses maux,
Le tampon s'use d'effacer quelques beaux mots ;
Elle l'épingle, lui, origine de ses tourments,
Classe, trie, et élastique ses sentiments...



Elle imprime d'encre noire son histoire,
La touche "moins" de sa calculette joue le désespoir ;
Un cutter taillade son fragile coeur,
Elle n'agrafe que regrets et rancoeurs...



Elle note sur son bloc et son calendrier,
Anniversaires, fêtes, complicités et baisers ;
Elle se scotche, se stabilotte, d'être mal-aimée,
La lampe et les bougies ne la font plus rêver...



Sur son écran, elle relit son testament,
Sa souris se plaint de ses clics désolants ;
Des milliers d'octets naissent en son document,
Elle se meure, trop faible, aidée d'amis médicaments.

(11/2009) © Régis Batrel



Par abeilles50 - Publié dans : Spleens - Communauté : Ruche de beaux mots
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  • : abeilles50
  • abeilles50
  • : Homme
  • : 06/04/1961
  • : France Normandie Manche
  • : Amoureux des mots, de la langue française, de la Femme... POESIE - DEFIS Mail : abeilles50@orange.fr

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